(Vœux de nouvel an du  pasteur Simon Kéglo,

publiés dans le bulletin de l’Église de janvier 2011)

La tradition veut qu’à chaque fin d’année, on se formule des vœux.

Mais cette tradition peut n’être, pour certains, qu’une sorte de superstition qui pourrait faire croire que les formules de vœux auraient une vertu magique. Pour d’autres, elles pourraient n’exprimer qu’une vague espérance sans contours bien précis.

Pourtant, cette tradition se retrouve dans tous les peuples du monde : chez certains, par une cérémonie bien organisée, on enterre symboliquement l’année qui se termine en espérant ainsi enterrer les malheurs dont elle a été porteuse.

Chez les Hébreux, formuler des vœux trouve son fondement dans Yahvé lui-même :

Que Yahvé te bénisse et te garde ! Que Yahvé fasse briller sa face sur toi et

t’accorde sa grâce ! Que Yahvé lève sa face vers toi et te donne la paix !” (Nombres 6:24-26).

Les prêtres bénissent ainsi le peuple fidèle ; on se salue en ces termes. L’équivalent du “bonjour” français en Israël est Shalom leha, “Paix à toi”.

Les premiers chrétiens se saluaient dans l’espérance eschatologique du retour glorieux du Seigneur par le mot : “Maranatha“.

Ce que je trouve de bien dans cette tradition, c’est la volonté de rassurer ceux que nous aimons et à qui nous voulons témoigner notre affection et donner du courage pour les combats à venir.

Jésus, en son temps, a eu le même souci et nous a laissé cette merveilleuse parole : “Tout pouvoir m’a été donné … Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.” (Matthieu 28.18,20).

Mais entre cette affirmation de sa seigneurie, de sa présence effective avec nous jusqu’à la fin des temps, il y a comme une tension que nous pouvons ressentir. Croyant en sa toute puissance, nous aurions souhaité qu’une soumission à sa sainte volonté éloigne de nous les difficultés et les malheurs qui peuvent sévir ; nous aurions souhaité que la présence de notre Seigneur se traduise par toutes sortes de réussites, des enfants  bien portants et obéissants, une profession source d’épanouissement social, des amitiés sans failles, etc.  Hélas ! ce n’est pas toujours le cas et par moments, Jésus donne cruellement l’impression d’être absent, surtout dans les temps d’épreuves.

Or c’est ici que l’épisode de Jésus et les disciples dans une barque malmenée par la tempête doit avoir toute sa signification pour nous. La présence du Seigneur n’est pas synonyme d’absence de tempête, mais la promesse qu’il les traversera avec nous. Il a promis d’être avec nous jusqu’à la fin du monde et cette promesse vaut surtout lorsque nous sommes dans le creux de la vague. Nous n’avons pas besoin qu’il nous fasse signe ou se manifeste d’une quelconque manière. Il est là et sa présence suffit.  Il est tout à fait humain pour l’homme de se demander par moments, lorsque les tempêtes de la vie se déchaînent contre lui : où trouver du repos ? et même de désespérer complètement. Mais dans la perspective chrétienne, le repos se trouve au milieu même de la tempête, tel un oiseau qui repose paisiblement au fond de son nid perché sur la branche d’un arbre, dans un paysage pourtant traversé par un vent violent.

Jésus est tout pour moi : il est mon repos dans le tourment ; il est ma consolation dans la douleur ; il est ma paix en temps de guerre ; il est mon gain dans la perte, ma gloire et ma couronne dans la bassesse. Dans le besoin, il est ma plénitude ; dans la faiblesse il est ma force, ma lumière dans l’heure sombre de l’orage. Il est ma vie dans la mort et mon ciel dans l’enfer.

Je vous dis « bonne année 2011 » ce qui veut dire que je demande à Dieu de vous donner la sagesse de savoir semer de bonnes graines tout au long de l’année nouvelle. Semez le fruit de l’Esprit autour de vous et vous récolterez “amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi” (Galates 5.22-23).

Pasteur Simon KEGLO

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