Prédication de Christine Kling donnée à Massy le 13 juillet 2014

Chritine Kling

Christine Kling

Cette semaine je rentrais de Paris par le RER me disant qu’avec l’été je pourrai trouver une place assise et prendre le temps de lire.

Mais alors que je me plongeais dans ma bible pour préparer mon sermon d’aujourd’hui, un homme, qui était au milieu de la rame, commença à interpeller tout le monde.

Au début je ne compris pas très bien quel était son propos. Il déclarait que tous les religieux étaient des hypocrites et je crus qu’il était contre toutes les religions. Pourtant il se mit à parler de Jésus, du Christ.

Mais sa parole, loin d’être une parole de paix, s’est rapidement transformée en paroles de jugement et de colère. C’était d’un dieu vengeur dont il parlait, pas du Dieu que je connais.

Vous vous êtes peut-être déjà trouvés dans une position semblable et donc vous comprenez ma gêne. Que faire? J’avais dans ma main ma bible, autour du cou ma croix, deux symboles bien visibles pour les personnes autour de moi, mais pas nécessairement pour cet homme que je qualifierai de « fanatique », à défaut d’autre mot. Aller vers lui risquait d’aggraver les choses. Il cherchait visiblement la confrontation et la polémique.

Dieu nous appelle à user de discernement et de sagesse. J’ai réfléchi, me remémorant quelques passages de cet évangile de Marc. Jésus n’a pas eu peur de confronter et de dénoncer les légalistes mais aussi les faux prophètes. Mais dans cette rame de RER, au milieu de cette foule qui certainement ne serait pas intéressée par un débat théologique, j’ai pensé que le plus approprié était la prière.

Prier pour que cet homme en colère retrouve la paix, que cet esprit qui l’habitait le quitte, que cet homme fasse silence et descende au plus vite de la rame. Et petit à petit il commença à s’apaiser, peut-être manquait-il d’arguments ? Et enfin il est descendu, nous laissant sur ces paroles : « que la paix soit avec vous », presque ironique après tant de paroles de haine.

Après son départ, j’ai eu le sentiment que je devais m’excuser au nom des Chrétiens auprès des gens autour de moi. Certains ont été étonnés par ces excuses et ils m’ont demandé pourquoi cet homme avait fait cela. J’ai répondu que je ne savais pas, mais qu’être Chrétien, ce n’est pas être un fanatique.

Non, être Chrétien ce n’est pas être un fanatique, mais c’est suivre une voie différente, la voie du changement radical, comme le proclame Jésus dans l’évangile de Marc chapitre 1 verset 15 :

« Changez radicalement et croyez en la Bonne Nouvelle »,

un changement de valeurs, de cœur, d’attitudes, un changement qui nous amène à voir et comprendre le monde autour de nous sous une perspective différente, une perspective où Dieu est au centre, un Dieu d’amour, de pardon, de paix, de réconciliation et d’espoir.

Et ce matin je voudrais qu’ensemble nous refassions ce chemin, que nous revivions cet instant où nous avons décidé de suivre Jésus, de changer radicalement. Et si vous n’avez pas encore fait ce choix, nous voulons vous inviter à écouter nos histoires, à partager avec vous notre passé.

Mon histoire avec Jésus a commencé avec ce passage dans Marc que nous avons lu, ou peut-être il serait préférable de dire que ce fut le point culminant d’un voyage qui peu à peu m’avait conduit à lui. Mais avant de vous raconter mon histoire, nous allons étudier ensemble ce passage dans Marc, chapitre 5, versets 21 à 43. Nous ne pourrons qu’effleurer une partie des enseignements tant ce passage est riche.

Marc 5 (Second 21)
21 Jésus regagna en barque l’autre rive, où une grande foule se rassembla autour de lui. Il était au bord du lac. 22 Alors vint un des chefs de la synagogue, du nom de Jaïrus. Lorsqu’il aperçut Jésus, il se jeta à ses pieds 23 et le supplia avec insistance: «Ma petite fille est sur le point de mourir. Viens, pose les mains sur elle afin qu’elle soit sauvée, et elle vivra.» 24 Jésus s’en alla avec lui. Une grande foule le suivait et le pressait de tous côtés.

25 Or, il y avait une femme atteinte d’hémorragies depuis 12 ans. 26 Elle avait beaucoup souffert entre les mains de nombreux médecins. Elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, mais cela n’avait servi à rien; au contraire, son état avait plutôt empiré. 27 Elle entendit parler de Jésus, vint dans la foule par-derrière et toucha son vêtement, 28 car elle se disait: «Même si je ne touche que ses vêtements, je serai guérie.» 29 A l’instant même, son hémorragie s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. 30 Jésus se rendit aussitôt compte qu’une force était sortie de lui; il se retourna au milieu de la foule et dit: «Qui a touché mes vêtements?» 31 Ses disciples lui dirent: «Tu vois la foule qui te presse et tu dis: ‘Qui m’a touché?’» 32 Jésus regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela. 33 La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. 34 Alors il lui dit: «Ma fille, ta foi t’a sauvée. Pars dans la paix et sois guérie de ton mal.»

35 Il parlait encore quand des gens arrivèrent de chez le chef de la synagogue et lui dirent: «Ta fille est morte. Pourquoi déranger encore le maître?» 36 Dès qu’il entendit cette parole, Jésus dit au chef de la synagogue: «N’aie pas peur, crois seulement.» 37 Et il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques et Jean, le frère de Jacques. 38 Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue où Jésus vit du tumulte, des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. 39 Il entra et leur dit: «Pourquoi faites-vous ce tumulte et pourquoi pleurez-vous? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort.» 40 Ils se moquaient de lui. Alors il les fit tous sortir, prit avec lui le père et la mère de l’enfant et ceux qui l’avaient accompagné, et il entra là où l’enfant était [couchée]. 41 Il la prit par la main et lui dit: «Talitha koumi», ce qui signifie: «Jeune fille, lève-toi, je te le dis». 42 Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher, car elle avait 12 ans. Ils furent [aussitôt] remplis d’un grand étonnement. 43 Jésus leur adressa de fortes recommandations pour que personne ne le sache et demanda qu’on donne à manger à la jeune fille.

Si vous n’êtes pas familier avec l’évangile de Marc ou ne l’avez plus en tête, commençons par un rapide résumé. Jésus est arrivé en Galilée pour proclamer la bonne nouvelle et appeler au changement radical. Après avoir été baptisé par Jean le Baptiseur, il recrute son équipe de disciples et sans leur laisser un instant pour souffler, il les entraîne à sa suite pour enseigner et guérir, voyageant sans relâche d’une rive à l’autre de la mer de Galilée (Lac de Tibériade), une rive est Païenne et l’autre Juive. Dans ce périple, Jésus leur enseigne en parabole et en actes ce qu’est le royaume de Dieu : un royaume où les pauvres, les exclus, les malades, les pécheurs, les étrangers sont accueillis, guéris, pardonnés ; mais les disciples ont souvent bien du mal à saisir.

Juste avant ce passage Jésus vient de chasser un esprit impur en terre païenne, et revient en terre juive pour être accueilli par un chef de la synagogue, Jaïrus. Jésus, dès le début de son ministère, a défié les scribes et les prêtres: il enseigne avec autorité un enseignement nouveau, il guérit le jour de Sabbat et va même jusqu’à prétendre avoir le pouvoir de « sauver », autant de gestes de provocation pour les religieux d’Israël. Alors on ne s’attend pas à ce qu’un chef de la synagogue se jette à ses pieds pour venir l’implorer. Mais la fille de Jaïrus est malade, et peut-être malgré sa honte, Jaïrus a pour seul espoir Jésus : lui seul peut la guérir. Sans même poser de question, Jésus accepte d’aller à la maison de Jaïrus, et c’est ainsi qu’une foule, conduite par Jésus, Jaïrus, et les douze disciples, se rend auprès de l’enfant malade.

Tout cela a un air de déjà-vu: ne serait-ce qu’un autre miracle ?

Mais à ce point-là de l’histoire, alors que le dénouement semble tout écrit, le vrai personnage de l’histoire entre en scène: cette femme souffrant de saignements.

Et nous avons en fait deux histoires emboîtées l’une dans l’autre. Il y a une expression en anglais que l’on peut traduire par « Sandwich à la mode Marc » et j’aime cette comparaison: un sandwich, si ce n’était que du pain, ce serait un peu fade et pas très nourrissant, et le contenu du sandwich sans le pain serait bien difficile à manger.

Et cette histoire dans l’histoire est bien le cœur de notre sandwich.

Mais qui est cette femme? Elle est tout d’abord malade, elle souffre de perte de sang. Selon les lois d’Israël sur les impuretés (Lévitique 15 : 25-33), cette femme ne peut avoir aucun contact avec son entourage car elle est impure. L’endroit où elle s’est assise, où elle s’est couchée, l’objet qu’elle a tenu sont également considérés comme impurs, contaminés.

La maladie a exclu cette femme de sa communauté, elle est la victime du légalisme religieux, ostracisée et ceci depuis douze ans. Et sa maladie n’est pas seulement physique – imaginez son état de fatigue - mais sans aucun doute psychologique et spirituelle – elle ne peut se rendre au temple. Cette femme qui existe sans exister car elle ne peut participer à la vie collective, a-t-elle même encore un nom, une identité ?

Mais dans son désarroi, elle a un espoir, le nom de Jésus. Nous ne savons pas ce qu’elle sait de Jésus : croit-elle qu’il est un prophète, un rabbi, ou le Messie ? Mais ce que nous voyons dans cette histoire, c’est sa détermination et son courage, son courage pour franchir les tabous, les interdits et se glisser dans la foule. Et à ce moment du passage, Marc nous rapporte les paroles même de cette femme, nous entendons sa prière « ne serait-ce.. », ne l’avez-vous pas faite vous aussi cette prière dans les moments de détresse : « si seulement… » ? Et elle touche le vêtement de Jésus, elle franchit l’interdit.

Cette prière, Dieu l’entend et aussitôt cette femme sait dans son corps qu’elle est guérie. Elle pourrait alors disparaître dans la foule, rester à jamais inconnue et impunie. Car n’a-t-elle pas commis un crime en touchant le vêtement de cet homme, Jésus, ce Rabbi ?

Mais sa guérison ne sera complète que si elle s’accompagne de sa guérison spirituelle et Jésus, tel le bon berger, recherche la brebis malade au milieu de la foule : « qui m’a touché ? »  demande-t-il.

Il ne veut pas condamner mais sauver, retrouver cette âme.

Là où les disciples, qui sont juste derrière lui, n’ont rien vu, rien perçu, Jésus – lui – sait que cette femme le cherche et qu’il doit la rencontrer face à face.

Pour cette femme, avouer son geste est le risque de se voir punie : elle a brisé tous les interdits, elle qui est maintenant guérie va peut-être être à jamais exclue de sa communauté.

Mais Jésus est là pour la mettre en avant, pour la prendre en exemple dans son enseignement aux disciples.

Cette femme, à la différence de la fille de Jaïrus, n’a personne pour prendre sa défense, pour parler en son nom. N’oubliez pas que dans cette société patriarcale une femme avait besoin de l’aval d’un homme dans tous les aspects de la vie publique.

Cette femme est la silencieuse victime d’une société qui au fil des temps a oublié les commandements de son Dieu.

Cette anonyme dans la foule, à la prière silencieuse, c’est celle ou celui-là que les disciples doivent savoir voir et rencontrer: la bonne nouvelle est pour tous.

Oui Jésus, sur son chemin vers la maison de Jaïrus, s’est arrêté, a changé de direction pour transformer la vie de cette femme : il en fait un témoin de son enseignement et un exemple de foi et de persévérance.

D’ailleurs il utilise aussitôt cet exemple dans sa réponse à Jaïrus, lorsque celui apprend le décès de sa fille : « N’aie pas peur, crois seulement », crois comme cette femme, sous-entend Jésus, elle qui a dû attendre 12 ans. Alors qu’est-ce qu’une poignée de minutes?

Ce passage s’achève par la guérison de la fille de Jaïrus, une fille âgée de douze ans. On pourrait presque parler de résurrection bien qu’il soit difficile de savoir si l’enfant était ou non dans un coma profond.

Ce chiffre symbolique, douze, lie le destin de ces deux femmes, une qui avait perdu la vie et l’autre le pouvoir de donner la vie.

Jésus les a guéries le même jour, les a libérées des tabous, les a exposées en pleine lumière, les a ressuscitées, témoins vivants de sa grâce et de sa miséricorde.

Il y a trois ans j’ai aussi été guérie comme cette femme, libérée, rendue à la « vie » et à la lumière par la même grâce et la même miséricorde.

Sincèrement je ne pensais pas que Dieu et moi nous allions nous croiser un jour. D’ailleurs je ne croyais pas que Dieu existait.  J’ai grandi dans une famille ouvrière dans le centre de la France et la messe du dimanche c’était plutôt pour les riches. Nous les ouvriers, on allait plutôt jouer aux boules ou voir s’entraîner l’équipe de foot locale. Dans ma famille on était du côté de ceux qui mangeaient gentiment du curé.

J’ai rencontré mon mari à l’université. Lui avait grandi dans une famille catholique traditionnelle, alors quand on s’est marié et qu’on a fondé notre famille nous avons choisi la « neutralité » : ni contre, ni pour Dieu. On le laissait tranquille du moment qu’il nous laissait tranquille. Entre travail, famille et les soucis qui vont avec, le temps s’est écoulé jusqu’au jour de l’été 2006 où l’on a diagnostiqué un cancer du poumon à mon mari, difficile nouvelle à 46 ans seulement.

Ce cancer s’est vite avéré incurable et lorsque le médecin à Grenoble nous a dit qu’il n’y en avait plus que pour quelque mois, nous nous sommes dits « non, c’est trop tôt, pas maintenant » et pendant 18 mois, avec l’aide de la recherche contre le cancer et l’institut Gustave Roussy de Paris, nous nous sommes battus. Mais en septembre 2008, Eric nous a quittés, laissant derrière lui sa femme et son fils, des parents âgés et malades et qui depuis sont morts, des frères et sœurs écrasés par de multiples chagrins.

Mon fils et moi-même nous nous sommes retrouvés bien seuls avec notre deuil. Ceux qui ont perdu une personne chère savent combien ces moments sont difficiles. Mais au milieu de l’épreuve il y a eu de belles rencontres.

A l’époque, dans mon entreprise, je travaillais dans une équipe internationale dont la responsable, une Ecossaise, habitait près de Glasgow. Au fil des mois à partager nos espoirs et nos échecs dans notre combat contre le cancer, des liens s’étaient créés et dans les derniers moments, lorsque tout semblait si difficile, cette personne a partagé avec moi sa foi chrétienne : avec son mari ils priaient pour nous.

Alors c’est un peu naturellement que j’ai accepté de venir lui rendre visite pour un week-end en Ecosse. Offrir hospitalité, aimer son prochain, c’est avec simplicité et avec leurs valeurs chrétiennes qu’ils m’ont accueillie. L’Ecosse ensuite a fait le reste : je suis tombée amoureuse de ce pays.

Il a fallu du temps pour mettre en place le projet d’une installation définitive en Ecosse, il fallait que toutes les circonstances s’y prêtent. En 2010 j’ai quitté la France à la recherche d’une nouvelle vie.

Apres l’excitation des premiers mois, il a bien fallu commencer à se poser les vraies questions. J’avais entendu parler du parcours Alpha – en Angleterre il y a en septembre une véritable campagne de communication, avec des placards publicitaires dans les gares et sur les bus - et j’ai demandé à mon amie si son église organisait un parcours Alpha. L’église venait juste d’en finir un, mais cette amie réunit pour moi un groupe et en février 2011 nous avons commencé les premières réunions. Au-delà des discussions une amitié se créa dans le groupe. Je voyais combien ils avaient à cœur de m’aider, la sincérité de leur foi et leur ouverture d’esprit et tout cela m’aida à réfléchir. Un samedi de juillet, alors que j’avais commencé à lire la Bible en anglais, j’ai demandé à quelle heure était le culte dans leur église et je m’y suis rendue.

Il m’a fallu longtemps pour comprendre ce qui s’est passé ce matin-là, cette rencontre avec ce Jésus sur la croix qui comprenait ma souffrance : « Seul un Dieu qui a souffert peut aider » a écrit D. Bonhoeffer, théologien allemand mort en camp de concentration. Oui ce Dieu là sur la croix, il parlait à ma peine.

Mais après ce Dieu en croix, il me fallait maintenant rencontrer Jésus. Lors de ma troisième visite à l’église le pasteur prêcha sur ce passage de Marc, l’histoire de cette femme à la fois apeurée mais courageuse, incertaine mais déterminée, qui tente en secret de toucher Jésus. Et Jésus qui va vers elle et qui lui dit : « Ma fille, va en paix, et sois guérie de ton mal ». Ce dimanche-là, alors que nous priions, j’ai rencontré le Seigneur face à face, j’ai rencontré son amour et sa compassion et il m’a sauvé : guérie de ma peine, libérée de mes cauchemars, et il m’a montré la voie de cette nouvelle vie que je cherchais. Et j’ai décidé de le suivre.

Aujourd’hui comme hier le Seigneur restaure et libère : Amazing grace dit l’hymne anglais :

Grâce étonnante, au son si doux

qui sauva un misérable comme moi,

J’étais perdu mais je suis retrouvé.

J’étais aveugle maintenant je vois.

(Amazing grace how sweet the sound

That saved a wretch like me

I once was lost but now I’m found

Was blind, but now, I see)

Cette bonne nouvelle, comme elle est douce à recevoir, alors oui, il nous faut la partager.

Mais comment faire dans une société oscillant entre athéisme et fanatisme ? Comment montrer ce chemin alternatif, le chemin de la vérité, le chemin du Seigneur ? Comment détruire les murailles de doute, faire taire cette petite voix qui parfois susurre dans notre tête « non ce n’est pas possible, personne ne veut entendre cette nouvelle-là » ?

Je crois que ce matin, au fil de ces histoires que nous avons partagées, le Seigneur nous a donné quelques clés :

Tout d’abord nous devons apprendre à voir et à entendre.

Avez-vous noté qu’aucun des disciples dans ce passage de Marc n’a vu cette femme et même, ils tentent de convaincre Jésus que rien de particulier ne s’est déroulé (verset 31) : « Tu vois la foule qui te presse de toutes parts et tu dis qui m’a touché ? ».

Ne pensez-vous pas que bien souvent nous aussi nous restons sourds et aveugles, concentrés sur nos propres objectifs, nos urgences personnelles, et ne voyant pas les personnes que Dieu a placées près de nous et qui ont soif de sa parole ?

Nous devons être attentifs. C’est ce thème de la vigilance et du discernement dont tous les évangiles parlent : être en éveil pour Dieu.

Nous devons avoir des yeux pour voir l’esprit et la grâce du Seigneur qui agissent dans notre société, et des oreilles pour entendre sa parole qui nous demande de le suivre et obéir à son appel.

Dans notre détresse à mon mari et moi, nous avons reçu l’aide de personnes admirables : une infirmière qui a su donner les derniers gestes avec compassion, un chercheur à la fois humble et désireux de combattre le cancer, et tous ceux que nous ne connaissions pas et qui ont prié pour nous.

Tous ces gens-là, quelque part, avaient été touché par la grâce du Seigneur, et ont témoigné de son amour, sa paix, son humilité, sa force et à travers eux Christ s’est révélé. Si vous réfléchissez à votre propre conversion, vous trouverez aussi certainement des personnes qui ont éclairé votre chemin.

Ensuite nous devons parler de Jésus :

la femme s’est jointe à la foule, malgré les interdits, parce qu’elle avait entendu parler de Jésus et elle a su qu’elle devait aller à sa rencontre.

Souvent nous disons « mais je ne suis pas un évangéliste, je ne saurai expliquer.. », mais la bonne nouvelle est dans notre histoire, dans cette rencontre personnelle avec Dieu et il nous faut raconter ce moment particulier. Soyez mes témoins, nous a demandé Jésus et le témoin est celui qui raconte ce qu’il a vécu d’une façon sincère et authentique. L’Esprit-Saint nous guidera et mettra en nous les paroles de paix, d’amour et de vérité. Car comme Jésus n’a pas jugé, nous ne sommes pas là pour juger, mais pour partager et inviter.

Nous devons nous aider les uns les autres.

Nous savons que tout le monde ne veut pas entendre cette bonne nouvelle, qu’il y a un combat spirituel à mener. Si plus tard à la maison vous reprenez ce passage de Marc, prenez le temps de lire les versets qui précèdent et qui suivent le passage de ce matin. Et vous verrez d’abord combien le seigneur s’est moqué des esprits impurs, combien il a su et sait les vaincre. Ensuite il a envoyé ses disciples deux par deux. Nous ne sommes pas seuls : nous faisons partie d’une communauté de croyants, nous devons nous entraider, prier les uns pour les autres, et prier intentionnellement et stratégiquement pour nos familles, amis, collègues, afin qu’eux aussi soient touchés par sa grâce et son Esprit.

Enfin, rappelez-vous la parole du Seigneur à Jaïrus : « N’aies pas peur, crois seulement !»

Oui nous devons apporter ce message d’espoir et de paix dont notre société a tant besoin, nous devons être comme des témoins lumineux éclairant un chemin différent, pour que la personne seule, le jeune de la cité, cet étranger qui vient d’arriver, tous ces anonymes dans la foule que nous ne connaissons pas sachent qu’il y a un sens à cette vie, et que notre identité, nous la trouvons en ce Dieu créateur, en ce Dieu d’amour qui nous accueille toujours à bras ouverts, fils et filles prodigues, ce Dieu qui, nous le savons, un jour reviendra et ce jour-là, comme nous dit l’apocalypse de Jean, « Il essuiera toute larme de nos yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Apocalypse 21:4).