L’humoriste américain Mark Twain (l’auteur des ”Aventures de Tom Sawyer”) a déclaré un jour :

« Il nous faut deux ans pour apprendre à parler et le reste de notre vie pour contrôler nos paroles ! »

C’est une responsabilité dont je dirai qu’elle est même trop lourde pour l’humain doué de parole. Si la parole est le moyen le plus efficace que le Créateur ait donné aux hommes pour communiquer, elle peut être également une arme redoutable au service du mal : elle émancipe en même temps qu’elle peut être une puissance castratrice ; elle apaise la colère en même temps qu’elle peut la susciter ; par elle, nous exprimons amour et haine. En somme, c’est un paradoxe que nous portons en nous : nécessaire pour la vie et incontrôlable quant à son pouvoir de nuisance.

L’apôtre Jacques, après avoir constaté que l’homme est capable de bien de prouesses, constate également, avec désespoir, ce paradoxe amer dans son épître, au chapitre 3 :

« La langue … est une petite partie du corps, pourtant elle peut se vanter de grandes choses.

Regardez ! Il faut seulement une petite flamme pour mettre le feu à une grande forêt.

La langue aussi est comme une flamme, c’est là que le mal habite. Elle fait partie de notre corps et elle le salit tout entier. Notre langue met le feu à notre vie, de la naissance jusqu’à la mort ! Ce feu vient du lieu de souffrance lui-même. On fait obéir tous les animaux : bêtes sauvages et oiseaux, serpents et poissons. Mais la langue, personne ne peut la faire obéir !

C’est une chose mauvaise qui ne reste jamais tranquille, et elle est pleine d’un poison qui donne la mort.

Avec la langue, nous chantons la louange de notre Seigneur et Père. Avec elle aussi, nous jetons des malédictions aux êtres humains que Dieu a faits à son image. Bénédiction et malédiction sortent de la même bouche ! Mes f

rères et mes sœurs, cela ne va pas ! »

Jésus a dénoncé les paroles imprudentes qui viennent d’un cœur mauvais tout autant que les intentions de meurtre ou d’adultère (Mt.15 : 18). Le psalmiste en son temps, en avait conscience. Alors, il a prié en s’écriant :

« Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient acceptables à tes yeux, ô Seigneur ! »

(Ps.19 : 15), parce qu’il savait que « la louange sied aux hommes droits » (Ps.33 : 1), et qu’il avait donc besoin de surveiller « les paroles de sa bouche et les sentiments de son cœur. » Imitons-le, afin que notre louange soit toujours agréée par Dieu.

Simon Kéglo, Pasteur

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