La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Londres nous a sans doute époustouflés, avec ses chorales d’enfants, son panorama de l’histoire du Royaume Uni, où les chaumières, les champs et les brebis ont cédé le pas à ces énormes cheminées d’usines, ces capitaines de l’industrie, ces travailleurs de toutes les races, et la représentation de la chaleur effrayante des hauts fourneaux des aciéries, où plusieurs de mes ancêtres ont passé leur vie active. Puis, les temps modernes ont été représentés par la culture pop moderne, « Monsieur Bean », et ce sens de l’humour britannique dont même la reine octogénaire a fait preuve, en prêtant son appui à une simulation de saut en parachute depuis un hélicoptère avec James Bond …

Mais un autre aspect de ce spectacle a peut-être échappé à certains : c’est la présence de chants chrétiens tout au long de la cérémonie dans un Royaume-Uni qui n’est guère moins sécularisé que la France, malgré les apparences. Il faut saluer ce clin d’ œil à l’influence indubitable de l’évangile dans la formation de la nation.

Cinq cantiques en tout ! Si l’on écarte l’hymne national, God save the Queen (« Dieu sauve la reine ») et un chant de Noël, In Dulce Jubilo, joué en instrumental par Mike Oldfield, il en reste quand même trois :

Le cadre du panorama historique a été annoncé par le chant de Jerusalem, poème de Blake qui, mis en musique par Parry, est devenu quasiment un hymne national bis du Royaume Uni, ou au moins de l’Angleterre. Il pose la question (à laquelle il ne donne pas de réponse) si L’Agneau de Dieu a jamais posé les pieds en Angleterre, pays de verts pâturages et d’ « usines sataniques », et finit par une résolution de construire « Jérusalem » en Angleterre. Une phrase de ce chant parle d’un « chariot de feu » en faisant allusion au char dans l’histoire d’Élie (2 Rois 2.11), allusion qui a bien sûr été utilisée dans le titre du film dont un des héros est l’athlète chrétien Éric Liddell qui a concouru aux JO de Paris en 1924.

Un chant entonné plus souvent dans les Églises évangéliques est Guide me O Thou great Redeemer, interprété par la chorale d’enfants gallois près du début du spectacle.  Écrit au XVIIIe siècle en gallois, puis traduit en anglais, il est associé à l’air gallois Cwm Rhondda depuis que la mélodie a été composée pour l’anniversaire d’une Église baptiste, Capel Rhondda, en 1907, et ce cantique est souvent entonné par la foule de supporters gallois lors des matchs de rugby.

Et finalement la chanteuse écossaise Emeli Sandé a interprété, d’un ton ferme et clair, devant 80 0000 spectateurs silencieux, le cantique  Abide With me (” Reste avec nous, Seigneur, le jour décline”). Ce cantique, dont nous devons les paroles à un pasteur anglican qui l’a écrit peu avant sa mort, est une prière que Dieu, notre seul aide, nous accompagne lors de toutes les épreuves de la vie. Le commentateur français a bien expliqué que ce chant religieux était aussi chanté lors des matchs de foot en Angleterre, mais ce n’était pas dans cet esprit que le chant a été interprété vendredi dernier, et les spectateurs semblaient bien apprécier ce fait. Nous terminons par les paroles françaises de ce chant qui seront familières à beaucoup :

Reste avec nous, Seigneur, le jour décline,

La nuit s’approche et nous menace tous ;

Nous implorons ta présence divine :

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!


Dans nos combat si ta main nous délaisse,

Satan vainqueur nous tiendra sous ses coups ;

Que ta puissance arme notre faiblesse :

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous !


Sous ton regard la joie est sainte et bonne,

Près de ton cœur les pleurs même sont doux,

Soit que ta main nous frappe ou nous couronne,

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!


Et quand, au bout de ce pèlerinage,

Nous partirons pour le grand rendez-vous,

Pour nous guider dans ce dernier passage,

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!

David Boydell

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