Cet article reprend la prédication de Colette Jeuch le dimanche de Pâques 12 avril 2009. Il commente le récit de la résurrection de Jésus de l’évangile selon Luc au chapitre 24, avec quelques retours sur les événements de la crucifixion.

Luc 24 : 1 Le dimanche matin de très bonne heure, les femmes se rendirent au tombeau emportant les huiles aromatiques qu’elles avaient préparées.

Qui sont ces femmes ? Au chapitre précédent (v 49) nous apprenons qu’elles ont, comme les douze, suivi Jésus durant tout son ministère. Elles étaient là tout près de la croix où Jésus agonisait, puis on les voit assister à la mise au tombeau.

En ce dimanche matin, au lever du soleil, on les retrouve en chemin vers le tombeau de Jésus. Elles ont dû passer toute la journée précédente à pleurer et à se rappeler les événements de cet horrible vendredi. En marchant vers le cimetière elles se souviennent encore comment elles ont appris l’arrestation de Jésus. Elles se demandent comment  les chefs religieux ont osé l’arrêter comme un vaurien, lui qui a sauvé, guéri, nourri  tant de personnes, lui qui a toujours donné un enseignement de paix, d’amour, de réconciliation ? Elles se revoient devant la résidence du gouverneur Pilate, impuissantes dans cette foule déchaînée qui refusait la libération de Jésus et qui hurlait « crucifie, crucifie ». Elles repensent à la lâcheté de Pilate qui a cédé à la pression de la foule et lui a livré Jésus. Elles revoient Jésus, le corps ensanglanté par les coups de fouet, se rendant au lieu d’exécution par les rues de Jérusalem et comment un homme, un spectateur, a été recruté par les soldats romains pour porter la poutre horizontale de la croix, Jésus étant trop faible pour la porter. Elles revoient ce lieu maudit appelé «le Crâne» où Jésus fut crucifié entre deux bandits. Elles entendent encore les moqueurs qui disaient « Si tu es le Fils de Dieu, le Messie, l’Élu de Dieu, descends de la croix !  Sauve-toi toi-même comme tu as sauvé les autres !»

Ces femmes ont peut-être aussi prononcé ces mots, non comme une moquerie, mais comme une prière. Elles, qui ont côtoyé Jésus pendant des mois, savent bien que Jésus a manifesté une puissance et un pouvoir inégalés jusqu’alors : il a guéri des malades, rendu la vue aux aveugles, fait marcher des paralysés ; il a rendu la vie à des morts…. Il a multiplié du pain pour nourrir une foule immense, il a marché sur l’eau, calmé la tempête… Oui, il a le pouvoir de descendre de la croix ! Alors peut-être bien que ces femmes ont eu cette prière intérieure : Seigneur, descends de la croix, manifeste ta puissance et ta royauté. Montre-leur que tu es le Messie attendu !

Elles ne pouvaient pas encore comprendre que la puissance et la grandeur de Jésus se manifestaient dans le fait que Lui, qui a tout pouvoir, refusait d’utiliser ce pouvoir pour descendre de la croix.

Probablement que ces femmes ne se sont pas souvenues de ces paroles de Jésus : « Je suis le bon berger;… Je donne ma vie pour mes brebis… Personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » (Jn 10 : 11 et 18)

La mort de Jésus sur la croix n’est pas un accident dans l’histoire de l’humanité. Elle n’est pas non plus le produit des efforts des ennemis de Jésus. Elle est le résultat  d’un plan, un plan d’amour élaboré par Dieu, Père, Fils, Saint-Esprit, et remis entre les mains du Fils, Jésus, pour être accompli.

Les hommes injuriaient Jésus et se moquaient de lui en voyant son impuissance sur la croix. Et pourtant – et c’est un des paradoxes de la croix – cet homme, Jésus, qui apparaît sur cette croix comme privé de tout pouvoir, est celui qui a tout pouvoir sur la terre comme au ciel, et un pouvoir beaucoup plus grand que celui de descendre de la croix . Il est celui qui a tout pouvoir sur la mort. En restant sur la croix, et en y mourant, il a triomphé de la mort comme il le démontrera le matin de Pâques, en ressuscitant des morts.

Oui, sur le chemin qui les mène au tombeau de Jésus, les femmes ont encore dans les oreilles ces moqueries sur Jésus : «lui qui a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même !» Ces hommes qui ridiculisaient et méprisaient Jésus, n’imaginaient pas à quel point ils affirmaient là une vérité fondamentale qu’ils ne soupçonnaient pas : En refusant de descendre de la croix, en ne se sauvant pas lui-même il sauve les autres, nous, les hommes.

Le nom même de Jésus est révélateur. C’est un dérivé du nom hébreu Josué qui signifie « Dieu sauve ».  Le plan d’amour mis au point par Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, accompli par le Fils, le Christ Jésus, est un plan de salut. En effet, tous les hommes ont péché, ils sont tous perdus, séparés de Dieu. Tous, ils ont raté le but originel d’être en relation avec leur Créateur. Ils sont tous privés de la présence glorieuse de Dieu. C’est pour rétablir cette relation entre le Dieu saint et les hommes pécheurs que Dieu vient lui-même sur la terre en la personne de Jésus. Il n’avait pas d’autre moyen que de mourir lui-même pour nous, à notre place, en sacrifice de substitution. Là, sur la croix, lui le juste et saint prend sur lui le péché de toute l’humanité. Par sa mort sur la croix, le Christ nous offre le pardon, la réconciliation avec Dieu. En refusant de se sauver lui-même, il sauve les autres. La mort de Jésus sur la croix est la manifestation la plus éclatante de son amour pour nous. Rappelons-nous de cette parole du Christ« Je suis le bon berger ;… Je donne ma vie pour mes brebis… Personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner (ce qu’il a fait en mourant sur la croix) et j’ai le pouvoir de la reprendre » (ce qu’il va faire en ressuscitant des morts).

Voyons maintenant le récit de la résurrection  Luc 24 : 2-12 puis 36- 45

2 Elles découvrirent que la pierre fermant l’entrée du sépulcre avait été roulée à quelque distance de l’ouverture. Elles pénétrèrent à l’intérieur, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Pendant qu’elles en étaient encore à se demander ce que cela signifiait, deux personnages vêtus d’habits étincelants se tinrent tout à coup devant elles. Elles étaient tout effrayées et baissaient les yeux vers le sol. Ils leur dirent alors:    —Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?  Il n’est plus ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous disait quand il était encore en Galilée : «Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour.» Elles se souvinrent alors des paroles de Jésus.  Elles revinrent du tombeau et allèrent tout raconter aux Onze, ainsi qu’à tous les autres disciples. C’étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, la mère de Jacques. Quelques autres femmes, qui étaient avec elles, portèrent aussi la nouvelle aux apôtres; mais ceux-ci trouvèrent leurs propos absurdes et n’y ajoutèrent pas foi. Pierre, cependant, partit et courut au tombeau. En se penchant, il ne vit que des linges funéraires. Il s’en retourna, très étonné de ce qui s’était passé.

36 Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, Jésus lui-même se trouva au milieu d’eux et leur dit:    —La paix soit avec vous.  Mais ils furent saisis de crainte et d’effroi, croyant voir un esprit. —Pourquoi êtes-vous troublés? leur dit-il. Pourquoi les doutes envahissent-ils votre cœur?  Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez-moi et regardez! Car un esprit n’a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j’en ai.

Tout en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.

Mais ils étaient si heureux qu’ils ne parvenaient pas à croire et restaient dans l’étonnement. Alors il leur demanda:    —Avez-vous quelque chose à manger? Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea sous leurs yeux. Puis il leur dit:    —Voici ce que je vous ai dit quand j’étais encore avec vous: «Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes.» Là-dessus, il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Ecritures.

Nous voyons à travers ces deux récits que la nouvelle de la résurrection soulève d’abord la peur, le doute puis une grande émotion, un bonheur craintif. Il faut toute la persuasion du Seigneur pour rassurer ses disciples.

Dans les deux scènes, les anges, puis Jésus, rappellent que la crucifixion était prévue et que la résurrection était annoncée dans les Ecritures (la Bible). La prophétie sur le Christ est maintenant pleinement accomplie. Christ est ressuscité ; Le plan de salut de Dieu en faveur des hommes est réalisé au matin de cette première fête de Pâques.

Jésus demande à ses disciples effrayés de le toucher pour s’assurer de la réalité physique de son corps. Il mange un poisson grillé sous leurs yeux. La résurrection de Christ est une résurrection corporelle. Les disciples n’ont pas eu une vision collective. Leur foi ne se fonde pas sur une idée, une hallucination provenant de leur désir, mais sur une réalité objective et concrète. La bonne nouvelle de ce premier matin de Pâques c’est que Jésus, le Christ, est vivant !

Et la bonne nouvelle pour nous ici, maintenant c’est que Christ est vivant !

Aujourd’hui, Christ est vivant, encore et toujours !

Il y a deux mille ans, il est sorti du tombeau, et quarante jours plus tard, il est monté au ciel car il ne pouvait pas mourir une deuxième fois puisqu’il a vaincu la mort.

Sur la croix, Jésus a refusé d’utiliser sa puissance pour en descendre, mais trois jours plus tard, Dieu a manifesté l’infinie grandeur de sa puissance en le ressuscitant des morts. L’impuissance apparente sur la croix est balayée par la puissance de la résurrection. La résurrection du Christ et sa mort sur la croix forment le centre de la foi chrétienne. L’apôtre Paul dit bien dans sa lette aux Corinthiens, «Je ne veux savoir parmi vous rien d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1Co 2 :2) et il ajoute plus loin, « mais si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi s’écroule, parce qu’elle n’a plus aucun fondement sur lequel s’appuyer. » (1Co 15 :14). Jésus est venu sur la terre pour mourir sur une croix en prenant sur lui le péché du monde, et pour ressusciter le troisième jour. C’était là le plan de Dieu, Père, Fils, Saint-Esprit  pour sauver l’humanité, offrir à tout homme qui croit en lui une nouvelle vie en Jésus-Christ.

À Pâques, nous fêtons Christ ressuscité, vainqueur sur le péché, sur le mal, sur la mort et – comme le disent la Bible et nos confessions de foi  chrétiennes – il vit et règne maintenant et pour toujours « à la droite de Dieu », expression qui signifie une «place d’honneu montrant ainsi qu’Il a autorité sur toute chose dans le ciel et sur la terre  ; C’est de là qu’il viendra pour juger les vivants et les morts. Nous attendons son retour.

Toi, jeune ou moins jeune, qui es là ce matin avec nous pour fêter la résurrection du Christ, réalise combien il t’aime. Il a donné sa vie pour toi !

Toi qui es fatigué de lutter seul dans la vie en cherchant peut-être dans l’alcool, la drogue ou la violence un soulagement à ton mal être,

Toi qui t’épuises dans la course à la réussite sociale et à l’épanouissement professionnel pour prouver que tu existes,

Viens au Christ qui seul peut donner du sens à ta vie, remets-lui tes craintes, tes soucis, tes espoirs

Toi qui te laisses parfois, ou même souvent, envahir par la colère, l’irritation, le mensonge, la convoitise, ou les mauvaises pensées ;

Toi qui as peut-être commis des actes pas très beaux dont tu n’es pas très fier,

Sache que tout cela, sans restriction, Jésus-Christ veut te le pardonner.

Viens à lui simplement en priant dans ton cœur. Confesse ton péché. Il t’offre le pardon, la réconciliation avec ton créateur, ton Père Céleste.

Oui, Christ est ressuscité, il est vivant, il t’offre aujourd’hui un nouveau départ, une sorte de résurrection, une nouvelle naissance.

Mon souhait, ma prière pour toi, c’est que tu saisisses cette nouvelle vie qu’il t’offre gratuitement pour vivre en harmonie avec lui.

NB : la réflexion sur la crucifixion est en partie inspirée de la conférence de Donald A.Carson « Les 4 ironies de la croix ».  Lognes, novembre 2008.

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