Né il y a 400 ans à Amsterdam, le baptisme a une longue histoire, mais ses principes sont étonnamment modernes :

  • Ardents défenseurs de la séparation de l’Église et de l’État, les baptistes ont d’abord été persécutés pour cette position révolutionnaire à l’époque. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que cette disposition fut adoptée pour l’ensemble des confessions en France.
  • Défenseurs de la liberté individuelle (et de la responsabilité associée), ils ont mis l’accent sur la conversion personnelle : on n’est pas chrétien de naissance, on le devient par une décision dont le baptême rend un témoignage public. C’est cette démarche qui leur a fait donner le nom “d’anabaptiste” (re-baptiseurs) comme un sobriquet à leurs débuts. Avec la déchristianisation du XXe siècle, la nécessité d’un engagement personnel s’impose dans toutes les Églises.
  • Promoteurs du “congrégationalisme“, ils affirment que chaque communauté locale (congrégation) est appelée à discerner la volonté de Dieu par l’Esprit Saint qui s’exprime à travers l’ensemble des croyants. L’autorité de ceux qui dirigent l’Église s’articule autour de ce discernement : ils sont à la fois appelés à conduire la communauté dans ce discernement et à s’y soumettre. C’est une forme de “démocratie” dans la soumission de chacun à Christ, la tête, et dans la recherche de l’intérêt commun.
  • Sans limiter la responsabilité de la communauté locale dans cette démarche, les baptistes ont aussi insisté sur la dimension fédérative : la volonté de Dieu s’exprime aussi à travers  des Églises sœurs. De même les “charismes” reçus sont mis en commun pour la bénédiction de tous.
  • Enfin la solidarité concrète s’exprime depuis les débuts à travers des actions sociales et humanitaires, ainsi qu’à travers le soutien missionnaire.

Depuis 400 ans, ces principes ont fait leur chemin. Les baptistes reliés au sein de l’Alliance Baptiste Mondiale représentent environ 130 millions de fidèles, mais l’ensemble des Églises évangéliques qui ont adopté leurs valeurs compte plus de 800 millions de fidèles.

L’accent sur la liberté individuelle pourrait alimenter l’individualisme excessif de notre société de consommation, mais l’écoute des autres qui sont proches, encouragée par le congrégationalisme, assure un équilibre entre liberté individuelle et intérêt commun que notre société moderne a encore besoin de découvrir.

Que nos valeurs baptistes, bien comprises et vécues dans la lumière, soient encore un ferment de progrès pour notre société !

Pierre Jeuch