On a vraiment l’embarras du choix des anniversaires, voire des centenaires à souhaiter dans les mois qui viennent. Si en tant que « bons » chrétiens évangéliques on ne savait pas que nous étions tous appelés à être des saints, on aurait du mal à savoir « à quel saint se vouer » !

Commençons d’abord par le deuxième millénaire de la naissance de l’apôtre Paul, qui est né à Tarse, dans la Turquie actuelle, entre l’an 7 et l’an 10 après Jésus-Christ. Les membres de notre Église ne l’ont peut-être pas remarqué, mais l’année Saint-Paul, célébrée par les Églises catholique, orthodoxes et bon nombre d’Églises protestantes, a déjà commencé, fin juin 2008. Des sites web, l’édition de livres sur Paul, des célébrations inter-Églises, des circuits et même des croisières « sur les pas de Saint-Paul » (sans naufrage, on espère) sont tous au rendez-vous. C’est vrai que les écrits de Paul nous sont tellement familiers, et qu’ils font tellement partie de notre spiritualité évangélique, qu’une année Saint-Paul pourrait nous sembler presque superflue ! Mais rien ne nous empêche de mieux découvrir ce géant de la foi, cet apôtre qui a commencé sa vie comme persécuteur des chrétiens avant de rencontrer le Christ vivant sur le chemin de Damas, rencontre qui a bouleversé sa vie. Que le Seigneur arrête d’autres Saul de Tarse sur leur chemin aujourd’hui pour faire d’eux des apôtres grâce à qui des milliers de personnes vont connaître le Christ !

Puis, en commun avec nos frères réformés, nous célébrons l’Année Calvin : Jean Calvin est né à Noyon dans l’Oise en l’an 1509, donc il y a 500 ans. Là, nous avons sans doute besoin de redécouvrir ce réformateur à qui nous devons tant, homme de son temps sans doute, mais lui aussi un géant de la foi. Saviez-vous, par exemple, que son Épitre au roi François 1er, suivie de son Institution chrétienne étaient des monuments de la langue française ? En fait, l’Institution était la toute première oeuvre de niveau universitaire à être écrite en français plutôt qu’en latin. Profitons donc des manifestations spéciales (par exemple, le colloque sur Calvin à la Faculté de Vaux-sur-Seine, les 27 et 28 mars), des publications (et il y en a même pour les enfants) pour mieux comprendre notre héritage spirituel protestant et français et pour être inspirés par la vie de ce grand témoin de la foi. (Voir aussi : http://calvin2009.blogspot.com).

Mais il y a bien le chiffre 400 aussi – ce n’est pas la naissance d’une personne que nous fêtons cette fois, mais la naissance du mouvement baptiste sous l’influence de John Smyth et ses amis à Amsterdam en 1609, événement majeur dans l’histoire des Églises évangéliques. Des événements à Grenoble en mai et à Amsterdam en juillet 2009 (voir www.amsterdam400.org) marqueront cet anniversaire.

Mais pourquoi tant d’anniversaires ? N’y a-t-il pas le danger qu’ils nous encouragent à vivre dans le passé, à ne pas évoluer dans le monde moderne ? C’est vrai que le danger existe : mais là, nous aurions manqué le but. Il y a quelques années, le petit bulletin historique de la Fédération baptiste de France (FEEBF) a pris le nom de Rétroviseur, avec le sous-titre, « regarder en arrière pour mieux avancer ». C’est une idée que l’auteur de l’épître aux Hébreux exprime ainsi, après avoir parlé des héros de la foi dans l’Ancien Testament : Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection (Héb. 12. 1-2a). Que l’exemple et l’enseignement de nos ancêtres dans la foi, de ceux qui « ont osé être différents », nous inspirent et nous renvoient à Celui qui les a animés, et que le Seigneur nous utilise aussi pour Sa gloire au XXIe. siècle.

David Boydell

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